Protocol de l’Union Africaine sur la Protection sociale et la Sécurité sociale : Première étape du Togo vers son adoption Document d’étude d’impact validé par les parties prenantes

23 Déc. 23 | Hôtel AHODIKPE KING SALOMON GARDEN - Lomé, TOGO

Le Togo a fait des avancées significatives ces dernières années en matière de protection sociale, en témoigne l’extension de l’assurance maladie universelle à toute la population prévue dans le courant de l’année 2024. Malgré ces efforts, le pays n’a pas encore ratifié le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des citoyens à la protection sociale et à la sécurité sociale de l’Union Africaine (UA).
Pour y parvenir, à l’initiative de l’ONG togolaise « Semons En Afrique » les différentes parties prenantes à ce protocole se sont réunies à Lomé le 23 décembre 2023 en vue de la validation de l’étude d’impact pour la ratification.

L’étude d’impact, en effet, vise à fournir une évaluation approfondie des implications potentielles de la ratification et de la mise en œuvre du Protocole sur la législation nationale. Elle a également pour ambition d’offrir des orientations précieuses sur les ajustements nécessaires pour garantir une harmonisation efficace avec les normes internationales en matière de protection sociale et de sécurité sociale.

Avec la validation du document d’étude d’impact du Protocole de l’Union Africaine pour la protection et la sécurité sociales, l’ONG vient de franchir une étape importante pour la signature et la ratification de ce protocol par le Gouvernement togolais.

L’atelier organisé ce samedi 23 décembre 2023 à Lomé a réuni toutes les parties prenantes dont les syndicats, les membres de la société civile, le ministère de l’Accès universel aux soins, le ministère de l’Action sociale, les parlementaires, ainsi que les acteurs de l’économie informelle qui sont les maillons les plus importants dans ce processus.

Adopté par les chefs d’État et de gouvernement en février 2022 lors du sommet de l’UA, le protocole invite chaque État partie à mettre en place un système de protection sociale intégré et complet, qui assure une couverture significative en termes de régimes d’assurance sociale, de mesures d’assistance sociale et de services sociaux et protège les citoyens contre les risques spéciaux et collectifs. Depuis son adoption, seuls deux pays à savoir le Niger et "Sao Tomé-et-Principe l’ont ratifié. Le Togo qui fait office de pays modèle dans la sous-région ouest africaine en la matière ne l’a pas encore ratifié, ce qui justifie cette rencontre.

Mme Ghislaine Saïzonou-Broohm, présidente de l’ONG « Semons l’Afrique » a expliqué les mobiles de cette démarche :

« Nous savons que notre Gouvernement fait face à beaucoup de demandes et doit répondre financièrement à plusieurs sollicitations. Déjà ils sont sur la lancée de l’assurance maladie universelle qui est un sujet assez important qui vient donc en droite ligne avec les recommandations du Protocole. Ensemble, nous avons jugé bon d’aider le Gouvernement pour pouvoir réaliser une étude qui doit nous permettre de voir en tant que citoyen l’impact de cette ratification pour notre Gouvernement. Parce que nous ne pouvons pas l’engager dans quelque chose qui va créer plus de problèmes que cela n’en résolve. C’est pour cela que nous souhaitons d’abord prendre la mesure des choses » Mme Ghislaine Saïzonou-Broohm.

La protection sociale est un facteur attractif pour les investisseurs étrangers, d’autres éléments, tels que le climat des affaires, la stabilité politique, et les infrastructures, sont également des considérations importantes.

M. Ekue Amegnignon (Consultant) et son équipe lors de cet atelier ont présenté l’étude d’impact aux parties prenantes, notamment l’impact économique lié à la ratification, ses avantages et ses inconvénients pour le Togo.
« La ratification de ce Protocole a plusieurs atouts pour le Togo. D’abord, elle va conforter son engagement à respecter les dispositions des instruments internationaux auxquels le Togo fait partie. Cela va permettre de renforcer la couverture existante en matière de protection et de sécurité sociale. Parce que lorsque vous ratifiez ce genre de Protocole, vous prenez des engagements à mettre en œuvre de façon progressive un certain nombre de dispositions pour élargir la couverture en matière de protection à toutes les couches de la société. Cela va contribuer à l’amélioration de la couverture en termes de protection sociale, à la réduction de la pauvreté, à l’accès équitable à ses droits pour tous. Cela va également avoir un impact positif sur la qualité de la vie, mais aussi un effet positif sur les potentialités d’attraction pour les investisseurs privés », a souligné Ekue Amegnignon.

Notons que les parties prenantes à l’issue de cette adoption ont formulé des recommandations à l’Etat. Après l’étape de validation du document, une autre s’ouvre, celle du lobbying en direction des décideurs : le Gouvernement, les parlementaires, ainsi que tous les acteurs impliqués en vue de la signature et de la ratification de ce Protocole par le Togo.

Sources :
Francine DZIDULA | TogoScoop
La Rédaction | Le Tabloid